Google aurait commencé à supprimer dans les résultats de son moteur de recherche, certaines informations des utilisateurs en Europe, dans le cadre du droit à l’oubli. En effet, suite à une décision de la Cour de Justice européenne il y a plus d’un mois, Google décidait de proposer un formulaire de droit à l’oubli aux internautes qui souhaitaient voir disparaître certaines informations personnelles du moteur de recherche.

En seulement quelques jours, Google a vu affluer des dizaines de milliers de demandes. En effet, le premier jour, Google a reçu 12 000 demandes, alors que le formulaire n’était pas encore connu de tous, loin de là. Cela augure donc des centaines de milliers de requêtes de suppression de données qui vont affluer sur les ordinateurs de la société américaine. Or, ce ne sont pas là des demandes qu’on peut traiter en quelques minutes.

Google commence à supprimer des liens dans le cadre du droit à l’oubli

Toujours est-il que les premières demandes semblent avoir été traitées puisque certains liens ont disparu avec le message suivant : « Certains résultats peuvent avoir été supprimés conformément à la loi européenne sur la protection des données. », accompagné d’un lien vers une FAQ proposant plus d’informations à ce sujet.

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Un droit à l’oubli partiel ?

La question que l’on se pose est comment Google pourrait-il traiter des centaines de milliers de demandes avec efficacité et rapidité ? Est ce que cela résout les problèmes du moteur, des internautes et, d’une façon générale, de la notion de droit à l’oubli ?…

Comme nous l’explique le site abondance.com, si l’internaute désire réellement qu’il soit impossible de trouver des informations personnelles non désirées sur les moteurs de recherche, faire une demande auprès de Google ne suffira pas. Il faudra également envoyer celle-ci à Bing et pourquoi pas à Yandex en Russie, Baidu en Chine, etc… Or ces  moteurs de recherche ne proposent pas encore un tel formulaire.

De plus, comme nous le fait remarquer une nouvelle fois l’article du site abondance.com, ce n’est pas Google qui doit oublier, c’est le Web ! Pour que la procédure soit réellement efficace, il faudrait mettre en place une solution qui permette de supprimer réellement un document à sa source, sur le site web qui l’héberge. Cette manipulation est extrêmement difficile, ce qui complexifie encore une fois le processus.

Enfin, le formulaire de droit à l’oubli proposé par Google ne sera déployé qu’en Europe car celui-ci n’est aujourd’hui valable qu’au sein de cette zone. En d’autres termes, si le moteur de recherche accepte la demande de suppression de l’URL, celle-ci sera tout de même visible en dehors de l’Europe : il suffira d’effectuer une recherche à partir d’un autre pays pour que le contenu soit à nouveau visible.

Par exemple, si un internaute français parvient à faire supprimer une URL de Google.fr, elle sera également invisible sur Google.de, Google.be, Google.co.uk, etc. mais apparaîtra toujours sur Google.com.

Si Google respecte cette fois-ci la décision de la Cour de Justice Européenne via la généralisation de ce nouveau procédé de suppression d’informations personnelles, on remarque que la notion de droit à l’oubli est totalement galvaudée et inappropriée. En effet, son dispositif est totalement limité. Outre sa légitimité vacillante, soumise à la pertinence de l’appréciation des employés de Google, il ne recouvre en aucun cas l’information gênante d’un voile complet. Autant dire que la protection effective des données et le respect du droit à l’oubli sont, dans ce contexte, plutôt minimes.

Pour plus d’informations :

http://www.abondance.com/actualites/20140604-13972-google-droit-loubli-coup-depee-leau.html

 

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